Les situations conflictuelles voire déstabilisantes induites par la séparation de deux conjoints sont courantes. La séparation va venir détruire un certain nombre de repères, les relations avec la belle famille, le réseau social dont certaines personnes vont prendre position pour l’un ou pour l’autre.
Dès le départ, un des conjoints prend la décision du divorce : « nous allons divorcer » — le nous, énoncé par l’un englobe l’autre — ou le « je vais divorcer », entraînent des réactions émotionnelles en chaîne, cachées ou non. Pour la plupart des personnes, amour et sécurité rime avec toujours. Celui ou celle qui prend la décision peut en être autant marqué. Le conjoint qui n’a pas pris la décision de divorcer risque de développer une blessure narcissique importante jusqu’à se considérer comme ne valant plus rien. Ainsi, ce couple venu en consultation de médiation a permis à l’un d’accepter l’idée du divorce en minimisant la dépression qui aurait pu s’en suivre.
Ce qui peut affecter le plus, c’est de ne pas reconnaître la personne avec qui les années ont passé et les questions qui viennent : « avons-nous partagé quelque chose ? », « Comment ai-je pu me tromper autant sur lui/elle ». Où est le couple idéal imaginé lors du mariage ? Le choix du partenaire est souvent influencé par les carences affectives, ou par des images conjugales ou familiales idéalisée.
La séparation s’avère difficile à négocier. Les habitudes de vie sont bouleversées. Les impacts psychologiques, négligés la plupart du temps, vont induire des comportements de colère, de honte, de culpabilité tant chez la personne touchée que chez les enfants du couple lorsqu’ils y en a. Ces comportements vont, la plupart du temps, envahir les aspects matériels et nombre de situations conflictuelles ont leurs sources dans tout ce qui ne s’est pas dit pendant toutes les années de vie commune.
Ce moment participe, aussi, à faire ressurgir de façon inconsciente, des anciennes blessures telles que la peur de l’abandon, le désamour. Le divorce peut être vécu comme un désaveu, un déracinement par rapport aux valeurs familiales d’origine en plus de la perte des repères et de la situation sociale.
L’estime de soi et la confiance en soi diminuent. La personne se sent dévalorisée dans toute sa personne ou de façon partielle : cela peut aller jusqu’à se sentir démunie face à ce qui se joue.
A travers ces situations, la douleur peut devenir colère. Un divorce rend irritable, énervé, déprimé. Il peut rendre pessimiste et cynique. Ces deux dernières attitudes, avec le temps, s’amenuisent.
Si le couple a des enfants, ceux-ci sont perméables à tous ses comportements. La façon de gérer le divorce et de leur expliquer ce qui se passe peut les préserver. Pour cela, les parents doivent être capables de discerner ce qui relève du conflit conjugal et ce qui relève de la relation parentale. Les différends peuvent porter sur l’éducation et cela est de la responsabilité parentale de pouvoir continuer, ou même de dialoguer pour la première fois.
Le processus de médiation en matière de divorce va avoir pour objectif l’élaboration par les parties, et avec l’aide du médiateur, d’une convention préliminaire de séparation concrétisant un engagement mutuel sur un ensemble de points comme la répartition des actifs communautaires, la garde des enfants, la pension alimentaire… Cette convention ratifiée sera ensuite, soumise par les parties à leur avocat respectif pour présentation de leur accord auprès du Juge.
Cette manière de faire mettra les futurs ex-conjoints non en situation d’opposition ou de contradiction mais en corédacteurs de leur solution. Cette phase non « inflammatoire » de la « sortie de couple » aura non seulement l’avantage de la rapidité mais surtout de ne pas laisser à l’un ou à l’autre ou aux deux l’impression d’une solution subie. Ils pourront dès lors, apaisés, mieux se parler et se construire sans ressentiments.
Ainsi, que ce soit avant, pendant ou après le divorce, la solution de la médiation familiale, peut être tout à fait appropriée. Son objectif est de permettre, par le dialogue, de se responsabiliser à deux pour MINIMISER la perte de l’estime de soi, marquer le respect pour l’autre, et mieux préserver les enfants.
